lundi 12 juin 2023

TRAUMA, SYSTÈME NERVEUX ET STRESS

 Dans les moments de choc ou de blessures, si nous ne pouvons pas ressentir pleinement l’expérience difficile avec tout son contenu (charge énergétique, émotions, sentiments, ressentis et croyances), alors, l’expérience se structure dans notre système sous forme de traumatisme. La blessure n’étant pas intégrée, cela conduit à une forme de cristallisation, de figement et de blocage de l’expérience dans notre être.
Cette cristallisation se joue sur un plan organique et énergétique, avec des contractions corporelles et une répression des émotions, des sentiments et des croyances associées à l’expérience. La charge d’énergie associée à l’expérience reste bloquée dans le corps et s’y structure peu à peu, tout en affectant la circulation naturelle du courant vital.
Le figement prend forme également sur le plan psychologique, avec une part de notre psychisme qui reste bloquée dans l’expérience du choc traumatique. Cette part du psychisme ne peut donc plus maturer, elle reste figée dans son expérience non intégrée, et elle continue de voir le monde tel qu’il était perçu au moment de l’évènement traumatique : dans son évaluation de son environnement, elle va donc continuer à projeter  l’insécurité, les émotions et toutes les conclusions et croyances qui ont pris forme dans l’évènement d’origine.

Ainsi, le traumatisme façonne la façon dont nous nous percevons et dont nous percevons le monde.
Le contenu émotionnel n’étant pas intégré, le système nerveux continue de traiter ces informations et les projette dans sa perception du monde. Tant que le trauma n’est pas intégré, le système nerveux continue donc de ressentir le danger et donc de le percevoir dans son évaluation du contexte environnemental.
Le traumatisme maintient donc un certain niveau de dérégulation dans le système nerveux. Il maintient en activité un certain niveau de stress qui, si il est trop important, peut entrainer des Symptômes de Stress Post Traumatique. Il va également modifier la façon dont le stress nous impacte dans notre quotidien en affectant notre capacité de tolérance face à la pression, et notre pouvoir de résilience.

Le stress en lui même n’est pas nécessairement quelque chose de négatif.
Lorsqu’il est présent dans des proportions raisonnables, il va être un moteur qui va nous aider à mobiliser l’énergie et les ressources intérieures nécessaires pour faire face à un challenge et pour atteindre un plus haut niveau d’efficacité et de performance. Il va ainsi augmenter notre capacité d’accomplissement et de dépassement, nous faisant ainsi grandir et murir.
Par contre, à un niveau trop élevé, il va produire une dérégulation au niveau organique, énergétique et psychologique.
C’est là que le stress devient dommageable.

On peut mettre cela en image en symbolisant dans un graphique le niveau de stress et la performance ou la créativité. La courbe en rouge représentant le niveau d'efficience et de créativité, l'axe horizontal représentant le niveau de stress.

Ainsi, si le niveau de stress est faible, on est dans une zone ou la performance et la créativité vont être faiblement stimulés. C’est une zone de confort, ou de repos dans laquelle on ne va pas chercher à se dépasser, mais plutôt à rester dans un niveau faible de stimulis, ce qui permet de se ressourcer et de se détendre.

Dans la zone d’efficience ou zone de tolérance, le stress augmente. Il devient alors moteur et source de croissance.
C’est un espace dans lequel nous allons être plus productifs et plus efficaces. Dans cette zone, nous pouvons mobiliser la totalité de notre cerveau, raisonner et ressentir en même temps, et donc être plus créatifs. Il y a un élan, une motivation interne, et nous pouvons rester présents et connectés tout en faisant face aux situations ou aux challenges.

Dans la zone de dérégulation, l’activation du système nerveux ne peut plus se réguler et devient trop forte. Le système est en mode survie. Le cerveau fonctionne en ayant désinvesti le néo-cortex (pensée rationnelle, réflexion et langage). Il est donc plus enclin à générer des conclusions erronées, des perceptions biaisées ou déformées par les émotions qui sont activées par l’inconfort dû à la dérégulation.
Au delà d’un certain seuil, le stress crée un tel niveau de dérèglement que le niveau de performance s’écroule. A ce moment là, le niveau de menace paris trop grand, ce qui crée un fort niveau d’agitation interne et génère une grande insécurité. Tout le système se mobilise alors de façon instinctuelle et impulsive, dans le but d’assurer la survie qui parait alors remise en question. Les réponses et actions mises en place sont issues d’une position défensive et sont teintées des réaction de fuite ou de lutte (mises en place par le Système Nerveux Sympathique), ou d’immobilisation (Système Nerveux Parasympathique).
Les actions nous sont alors dictées par les  parties les plus anciennes du cerveau : les parties reptiliennes et mammaliennes, ce qui rend plus difficile un analyse rationnelle de la situation.

Mais une même niveau de pression ou de stimulis ne va pas affecter chaque personne de la même façon. En effet, la perception que nous avons d’une situation stressante ou d’une certaine dose de pressions ou de challenges est assez subjective.
Les traumas du passé vont affecter la façon dont nous évaluons les situations : en maintenant un stress de fond, ils vont affecter notre zone de tolérance et nous faire basculer plus vite dans la zone de dérégulation. D’autre part si on vit un évènement qui fait écho avec un trauma ancien, lorsque ce trauma est réactivé, nous allons avoir tendance à basculer très rapidement dans la zone où le stress devient trop intense.

Ainsi, travailler sur ses traumas du passé, les intégrer, les guérir, tout en transformant les croyances et conditionnements qui sont issues de ces expériences, conduit à créer un plus grand niveau de régulation et d’équilibre dans le système nerveux. cela permet aussi au système nerveux d’être plus résilient et cela rend le système plus fort et plus tolérant au stress en agrandissant la zone de tolérance.

Et lorsque l’on se trouve dans la zone de surcharge ou le système nous dit : « c’est trop », ça peut évidemment être très approprié de lever le pied ou d’essayer de pratiquer quelques techniques qui vont favoriser un peu la désactivation.
Mais c’est aussi un moment extrêmement propice pour aller encontre ces parts plus anciennes qui sont activées et qui attendent de pouvoir enfin être intégrées.

Pour poursuivre, prenez connaissance de l’article suivant qui est un compte rendu de séance individuelle sur ce thème du moment où le système nous fait comprendre que c’est trop.
Cela permet d’illustrer de façon concrète le contenu de cet article et de rendre plus compréhensible le processus d’intégration.


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